Tout visiteur qui connaît les
rudiments de l'espagnol, la langue officielle du pays, prendra facilement le pouls de la
vie trépidante et commerciale de San Salvador, métropole d'un million et demi de personnes
située au pied du volcan éponyme, et que les séismes ont si souvent ravagée. Grande ville
où accourent les Salvadoriens en quête de meilleures conditions de vie, San Salvador a peu
à leur offrir, plusieurs se retrouvant alors dans les quartiers les plus
pauvres.
Mais la San Salvador moderne sait vivre et
bien accueillir les voyageurs de passage, avec ses infrastructures hôtelières et son
secteur plus touristique. Et, malgré tout, le centre-ville présente quelques sites
d'intérêt. La cathédrale, originellement construite en 1888, arbore des influences
byzantines et romanes ainsi que des fresques naïves. De plus, quelques musées ouvrent
leurs portes aux curieux, entre autres le Musée national d'anthropologie Guzmán, le Musée
d'art du Salvador, un musée de la sculpture, un musée d'art populaire ainsi que le musée
de la Ville, sans oublier deux superbes jardins botaniques. Par ailleurs, tout près de la
capitale se trouve le parc Balboa, un espace vert avec aires de jeux pour enfants qui
permet aux familles de s'évader du quotidien et de retrouver leur calme.
El Salvador ne se résume pas qu'à sa capitale, cependant. Son littoral,
qui donne sur le Pacifique, possède un relief sauvage de même que de belles plages. Au
nord de la côte, les amants de la nature se plairont dans les environs de Barra de
Santiago où s'étend une réserve naturelle bordée de mangroves. Au sud, la fameuse Costa
del Sol, réputée auprès des surfeurs, se présente comme la section la plus développée.
Située à seulement 30 minutes de l'aéroport international, elle compte trois plages
distinctes : San Marcelino, Los Blancos et Costa del Sol (la plus
touristique).
L'Ouest salvadorien, pour sa part, n'a
rien à envier aux autres régions du pays, sauf peut-être le littoral. Riche en paysages
volcaniques, en lacs limpides et en villages coloniaux, il se pare de plantations de café
sur les versants des collines et de lisières de fleurs le long de ses voies d'accès. Ici,
les voyageurs découvriront des ruines précolombiennes notamment à Joya de Cerén et San
Andrés. La deuxième ville en importance du pays, Santa Ana, s'enjolive d'un agréable
centre historique aux nombreux édifices baroques et néoclassiques datant du tournant du
XXe siècle, sans parler de sa cathédrale gothique, de son Théâtre national et de son Museo
de Occidente. De nature généreuse, l'ouest du pays renferme entre autres le Lago de
Coatepeque, l'un des plus beaux lacs d'El Salvador. Tout amateur de civilisations
anciennes ne voudra surtout pas manquer la visite de Tazumal et Casa Blanca et de leur
musée.
Les environs d'Ahuachapán, près du Guatemala,
renferment, en plus de l'exubérante Ruta de las Flores (une route bordée de fleurs), deux
beaux parcs nationaux : le parc des Volcans et le parc El Imposible. Le premier exhibe une
végétation luxuriante sur les versants de ses volcans, au coeur d'une campagne
accueillante, et le second abrite la plus grande biodiversité du pays. Sur la route des
fleurs se rencontre le village colonial d'Apaneca, dont les alentours comportent des sites
d'intérêt tels que des lagunes à découvrir à pied et des hameaux d'artisans où
fureter.
L'Est salvadorien se veut plus écotouristique
que les autres régions, et le monde rural y démontre son authenticité. Alegría est en
quelque sorte la localité poétique du pays, ornée de textes peints sur les murs et
présentés en circuit. San Miguel, une ville qui a pu conserver quelques vestiges de
l'époque coloniale, vibre aujourd'hui au rythme de la modernité et loge le Museo del
Oriente, un musée régional. Les amateurs d'archéologie doivent, quant à eux, se rendre à
Quelepa, site de l'ancienne civilisation Lenca. Puis les historiens en herbe qui
s'intéressent à la guerre civile des années 1980 trouveront, au nord-est, la bien-nommée
route de la Paix, qui plaira également aux amoureux de la nature.
Finalement, le nord du Salvador recèle des beautés cachées que l'on
devrait s'empresser de découvrir avant que la région ne devienne trop touristique.
Suchitoto, par exemple, arbore encore un visage colonial avec ses bâtiments d'adobe, ses
ruelles de pavés et son atmosphère artistique. La tête dans les nuages, les montagnes des
environs se prêtent bien à des randonnées pédestres. Enfin, San Ignacio et ses alentours
permettent aux visiteurs de voir un grand nombre de sites naturels ou agricoles (indigo)
et des hameaux d'artisans (sculptures de bois).