Régnant sur les hauts plateaux
centraux, à 650 m d'altitude au centre géographique du pays, Madrid est la capitale de
l'Espagne. Forte de plus de 3 millions d'habitants, Madrid est aujourd'hui tout à la fois
le centre politique, économique et culturel du pays. Si elle ne possède que quelques
grands monuments, elle compte par contre plus de 50 musées. Le plus célèbre, cré en 1819,
est celui du Prado, l'un des plus beaux d'Europe.
Barcelone a grandi autour de son port, axé sur la Méditerranée. Capitale
de longue date de la Catalogne, la ville de 1,5 million d'habitants s'est développée le
regard tourné vers le nord plus que vers le sud, forgeant au fil du temps une identité
bien différente de celle du reste de la nation. Au nord de la ville, dans le quartier de
l'Ensanche, se dresse le monument emblème de Barcelone: l'église de la Sagrada Familia
(Sainte-Famille). Commencée en 1883 et restée inachevée, l'oeuvre maîtresse de Gaudí,
architecte de génie au style très personnel, ne cesse d'étonner. L'édifice, couronné de
flèches, trahit le goût de Gaudí pour le symbolisme et les formes exubérantes du monde
végétal.
Accrochée à la pointe sud de l'Europe, face à
l'Afrique, l'Andalousie cultive avec ferveur une forte personnalité, héritée de siècles de
voyages, de conquêtes et de brillantes civilisations. Au pied des sierras Morena et
Nevada, dont les plus hauts sommets brillent de leurs neiges éternelles, palais, mosquées
et jardins évoquent à merveille l'apogée des royaumes maures. La richesse est passée, mais
le décor est resté: le flamenco et la tauromachie, les férias débridées, mais aussi les
montagnes arides où se blottissent de petits villages blancs et les plages de la Costa del
Sol. Sous le signe du soleil et de la Méditerranée, le littoral andalou s'étale sur
quelque 300 km, de Gibraltar à Almería, au pied de sierras successives. Ce ne sont pas
tant ses plages, souvent pierreuses, mais plutôt la douceur de son climat hivernal et la
renommée de ses nuits estivales qui ont fait de la Costa del Sol, depuis les années 1970,
un nouvel eldorado touristique.
Capitale politique et
culturelle de l'Andalousie, Séville est une ville pleine d'énergie, célébrant avec entrain
corridas, féria annuelle et Semaine sainte, au cours de laquelle les pénitents masqués
parcourent ses rues en procession. Au centre de toutes choses se dresse la cathédrale
gothique, la troisième en importance d'Europe, élevée au
XVe siècle sur le site de la mosquée almohade.
L'édifice abrite un monument funéraire où reposeraient, dit-on, les cendres de Christophe
Colomb (également revendiquées, au terme d'un itinéraire contesté, par la République
dominicaine...).
Anachronisme historique et culturel,
Gibraltar est une colonie hautement britannique dont la population est en majorité
catholique et hispanophone. Couvrant tout juste 6
km2, le territoire, qui n'est relié à l'Espagne que
par une longue langue de sable, se blottit au pied du célèbre rocher, gardien du détroit
séparant l'Afrique de l'Europe. Incliné vers l'Atlantique, il forme, du côté de la
Méditerranée, un mur vertical de 425 m de haut. On pourra se pencher sur la longue
histoire de la région au Gibraltar Museum. Abritant une colonie de singes à moitié
sauvages, le rocher, qu'on atteint en téléphérique, offre un exceptionnel point de vue sur
le détroit et le Maroc.
Les quatre principales îles
des Baléares font partie d'un archipel de 16 îles et îlots, et elles sont les seules à
être habitées. Majorque, la plus grande (3 604 km2)
et la plus visitée, est aussi celle dont les paysages sont les plus contrastés. On y
trouve la capitale Palma sur le littoral méridional, entourée des principales stations
balnéaires. Cinq fois plus petite que Majorque (680
km2) et bien moins visitée, Minorque, la plus
orientale des Baléares, est une île basse, peu boisée, cernée d'une couronne de falaises
déchiquetées entrecoupée d'anses magnifiques. Le chef-lieu, Mahón, se blottit sur la côte
orientale, au-dessus d'un golfe aux allures de fjord. Il aurait, par déformation, donné
son nom à notre mayonnaise, introduite sur les tables françaises après la conquête de
l'île en 1756 par un certain maréchal de Richelieu, arrière-petit-neveu du
cardinal...Troisième des Baléares avec 572 km2,
l'«île blanche» d'Ibiza présente un relief accidenté aux côtes découpées en une ribambelle
de criques isolées. Découverte par les peintres et les hippies dans les années 1960, elle
a incontestablement été emportée par le grand courant touristique, mais a su préserver son
caractère. Les contrastes n'en sont que plus forts entre les urbanizaciones encadrant les
plus belles plages, à la vie nocturne très animée, et l'intérieur des terres
traditionnels, aux champs étagés foisonnant de coquelicots au printemps, aux fermes et aux
villages blancs fortifiés, d'inspiration arabe, rappelant l'Andalousie.
Les Canaries comptent sept îles, volcans écrasés de soleil surgis des
profondeurs de l'océan, à flotter ensemble à quelques encablures de l'Afrique.
Indéniablement espagnoles, les îles, développées en autarcie, n'en affirment pas moins une
personnalité propre, reconnue par un statut d'autonomie. Tenerife, la plus grande et la
plus visitée de toutes, se blottit au pied d'un phare et est surnommée «l'île de l'éternel
printemps». L'île offre des paysages extrêmement variés: côtes rocheuses et chaos
volcaniques, mais aussi longues étendues de sable et vallées quasi tropicales. Située au
nord-est de l'île, Santa Cruz, une ville de plus de 219 000 habitants, est depuis 1821 la
capitale de Tenerife. Dans son port, le deuxième d'Espagne, accostent toute l'année
cargos, pétroliers et paquebots de croisière.